La Suisse teste OpenDesk sur 3 000 postes fédéraux – investissement de 9,4 Mio. €
L’administration fédérale suisse lance en 2026 un projet pilote avec la suite bureautique Open‑Source OpenDesk. Sur 3 000 postes – soit environ 7 % du parc informatique – un investissement d’environ 9,4 Mio. € est prévu.
L’administration fédérale suisse a lancé au printemps 2026 un vaste projet pilote visant à déployer la suite bureautique Open‑Source OpenDesk sur 3 000 postes. Ainsi, environ 7 % de l’ensemble du parc informatique fédéral sera migré depuis Microsoft 365 vers une solution autonome. L’investissement s’élève à environ 9,4 Mio. €. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté numérique et de protection des données gouvernementales sensibles.
Portée et coûts du projet pilote
La décision de la Confédération de tester un logiciel bureautique Open‑Source a été confirmée dans le cadre d’une communication officielle. Selon le portail spécialisé Les Numériques, la phase de test actuelle couvre exactement 3 000 postes, ce qui représente environ 7 % du parc informatique fédéral total. Les coûts sont indiqués à environ 9,4 Mio. € – un montant qui, d’après les experts, pourrait être amorti rapidement si les redevances de licence des produits Microsoft sont réduites.
Le pilote fait suite à une première expérimentation plus restreinte, au cours de laquelle 172 collaborateurs du secrétariat fédéral ont déjà utilisé la suite OpenDesk. Ce test a démontré que le logiciel fonctionne de manière stable dans des environnements critiques sur le plan de la sécurité et répond aux exigences de protection des données et d’accès requises.
Motivations : protection des données, accès aux données et coûts de licence
Un défenseur central du projet est Matthias Stürmer, professeur à la Berner Fachhochschule (BFH). Dans une interview accordée à Les Numériques, il cite trois raisons majeures pour passer de Microsoft 365 à une solution Open‑Source :
« La protection des données sensibles, un accès illimité à nos propres données et la hausse des coûts de licence sont les moteurs de la décision de tester OpenDesk. »
Stürmer souligne qu’OpenDesk ne doit pas seulement renforcer l’indépendance vis‑à‑vis des conglomérats technologiques américains, mais aussi offrir la possibilité d’examiner le code source et de l’adapter aux exigences de sécurité spécifiques du gouvernement.
Perspectives : Cyber‑Command militaire et administration civile
Alors que l’administration civile fédérale avance prudemment avec le pilote de 3 000 postes, le Cyber‑Command militaire prévoit une transition nettement plus rapide. Selon les plans internes, l’ensemble de l’infrastructure informatique militaire devrait être migré vers OpenDesk d’ici octobre 2026. L’administration civile, quant à elle, envisage un déploiement complet seulement à la fin 2027, sous réserve de résultats positifs du projet pilote.
Actuellement, les deux systèmes – Microsoft 365 et OpenDesk – fonctionnent en parallèle. Ainsi, les processus critiques peuvent continuer sans interruption, tandis que les nouveaux postes sont migrés progressivement.
Analyse : qu’est‑ce que cela signifie pour l’Europe ?
Bien que l’affirmation selon laquelle il s’agirait de la « plus grande migration du secteur public européen » ne soit pas étayée dans le texte source, on discerne néanmoins une tendance notable. La Suisse se positionne ainsi comme pionnière d’un mouvement croissant, où les États européens recherchent des alternatives aux géants technologiques américains. D’autres pays, comme la France et les Pays‑Bas, examinent également des solutions Open‑Source pour leurs administrations. Le budget de 9,4 Mio. € apparaît, comparé aux coûts annuels de licence Microsoft pour un effectif similaire, comme modéré – un indice que la rentabilité du projet pourrait s’avérer attractive à long terme.
Un obstacle potentiel demeure l’intégration des systèmes de documents et de flux de travail existants. OpenDesk doit communiquer de façon fluide avec des plateformes déjà implantées telles que SAP, les solutions ERP et les applications métiers spécialisées. L’administration fédérale a mis en place une équipe d’évaluation accompagnatrice pour examiner les interfaces techniques et définir les éventuelles adaptations.
Dans l’ensemble, le projet pilote suisse montre qu’une approche progressive et bien financée de la souveraineté numérique est réalisable. Il fournit des données précieuses aux autres États européens souhaitant emprunter une voie similaire.
